Ravi d’avoir débattu hier soir sur le plateau de BFM Business avec Stéphanie Coleau, Fréderic Simottel et Matthieu Pechberty pour analyser la vente de SFR à Orange, Free et Bouygues Telecom, 20,35 milliards d’euros, négociations exclusives ouvertes jusqu’au 15 mai. (Passage 9’30s)
Apparemment simple. En réalité, d’une complexité rarement vue dans le marché des télécoms européens.
Quelques points d’analyse :
– Ce n’est pas une fusion. C’est un démantèlement organisé entre les 3 concurrents. Chaque actif (abonnés, réseau, fréquences, B2B, boutiques) découpé selon une logique stratégique précise. Du jamais vu à cette échelle en France. J’ai oublié de souligner la création d’une coentreprise entre les 3 opérateurs pendant 2 à 3 ans, le temps du démembrement ! Cela donnera des passes d’armes épiques entre les 3 opérateurs.
-La négociation a duré 18 mois. Drahi voulait 30 milliards. Les créanciers exigeaient 23,6 pour lever leur veto. Le deal se signe à 20,35. C’est l’équilibre précaire entre un vendeur contraint et des acheteurs disciplinés.
– Le vrai risque n’est pas financier, il est opérationnel. Migrer 25 millions d’abonnés, unifier trois systèmes d’information concurrents, des réseaux, répartir 29 000 sites réseau entre trois propriétaires, c’est un chantier de 3 à 5 ans.